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D'après le calendrier Hebcal, c'est la parasha 'Hayé Sarah qui est lue lors du prochain Chabbat, le 7 novembre 2026. Celui qui écoute attentivement le lecteur y entendra l'un des rares moments musicaux de la lecture de la Torah : le shalshélet, sur le mot « Vayomer » en Genèse 24:12.
Le shalshélet est un signe de cantillation qui n'apparaît que quatre fois dans la Torah : chez Lot qui tarde à Sodome (Genèse 19:16), chez le serviteur d'Abraham (Genèse 24:12), chez Joseph qui refuse la femme de Potiphar (Genèse 39:8), et dans la parasha des consécrations, sur le mot « Vayishhat » (Lévitique 8:23). Dans les quatre cas, le signe se trouve sur le mot qui ouvre le verset et est accompagné d'un signe de pause. Un article de 2003 sur le site du JTS retient « sept », mais les autres sources que nous avons consultées parlent de quatre et en précisent les emplacements, et c'est ce que nous retenons.
Sur le plan musical, c'est une petite œuvre au sein de la lecture. Le nom signifie « chaîne », et à l'écrit il ressemble à un trait sinueux. Dans la tradition ashkénaze polonaise, selon une page du site Hadar, le signe s'étend sur une trentaine de notes réparties en trois vagues de montée et de descente, le nombre de notes variant selon le mot. Là aussi, il y a des différences entre les traditions : Wikipédia rapporte une tradition 'Habad pour l'exécution, sur laquelle les avis divergent également.
La question intéressante est : pourquoi précisément ici ? Wikipédia, le site Hadar et d'autres auteurs proposent une ligne de pensée semblable : le shalshélet apparaît lorsque le personnage fait face à une hésitation. Lot hésite à partir, Joseph lutte contre la tentation, et le serviteur, identifié par la tradition à Eliézer, se trouve au seuil d'une lourde mission et prie pour sa réussite. Le rabbin Raymond Apple, sur le site OzTorah, a lu dans ce signe la crainte du messager devant l'ampleur de sa tâche. Ce sont des lectures homilétiques, non des règles de grammaire. Selon Wikipédia, des auteurs kabbalistes y ont vu une image du lien entre les mondes.
Il y a encore un petit détail utile. Du point de vue de sa position dans le verset, le shalshélet est, selon Wikipédia, parallèle au signe segolta. La différence que l'on entend tient à sa longue durée et au mouvement de la voix.
Alors, quand vous entendrez le lecteur prolonger le mot « Vayomer » ce Chabbat, sachez que c'est l'un de ces quatre moments, juste avant la prière du serviteur près du puits.
Sources : Hebcal ; Wikipédia en anglais (Shalshelet) ; Hadar ; OzTorah (rabbin Raymond Apple) ; JTS
Image : créateur inconnu ; collection du Cooper Hewitt, Smithsonian Design Museum, domaine public (PD-old-100-expired), via Wikimedia Commons.
